Je vais ici vous faire part de ce que je sais en tant qu’élu mais également de ce que j’ai pu recueillir sur les réflexions en provenance de toutes les régions de France ou même de certains pays européens qui sont peu ou prou dans la même incertitude (Avec un retard plus marqué en France !).
Il s’agit essentiellement d’étudier les aides que peuvent accorder les collectivités aux administrés qui vont devoir se mettre aux normes.
Nous détaillerons ci-dessous quatre types d’aides à envisager (mais nullement acquises !!!) :
Un délai d’attente aménagé dans l’éventualité d’une future extension du réseau d’assainissement collectif : Dans notre commune, plusieurs tranches d’assainissement collectif ont été planifiées.
La première étape a débuté en ce début d’année et permettra de raccorder le hameau de Villard-Mavin au réseau du SIERRA qui mène à la station d’épuration de Gilly-Sur-Isère.
Les habitants du hameau devront à terme se brancher sur ce réseau moyennant une redevance de 800 € et ne relèveront plus alors du SPANC bien qu’ils conservent leurs anciennes installations qui se déverseront simplement dans le réseau collectif …
Les constructions neuves devront s’acquitter d’une redevance de 2 800 € mais n’auront aucun dispositif d’assainissement à prévoir.
Les propriétaires raccordés devront bien sûr ajouter à leur budget une taxe annuelle d’assainissement …
Il est clair que l’on ne va pas demander aux propriétaires de ce hameau de se remettre aux normes du SPANC même si leur raccordement prendra un an ou deux.
Le même raisonnement pourrait s’appliquer aux habitations qui seront concernées à plus ou moins long terme par l’extension de notre réseau d’assainissement en direction du Chef-Lieu, en passant pat La Plantaz.
Si le conseil municipal prolongeait la planification d’autres branches de ce réseau collectif, les nouvelles zones concernées pourraient se voir appliquer le même raisonnement … avec une limite tout de même : Si le conseil prévoit un raccordement d’un hameau en 2020, il est peu probable que les services du SPANC acceptent de repousser la mise aux normes à cette échéance !
Des aides techniques pour évaluer les travaux à réaliser et les coûts afférents : Pour les installations défaillantes ne rentrant pas dans le cadre d’un futur raccordement au réseau collectif il faudra donc prévoir une remise eaux normes dans un délai non précisé pour l’instant mais que l’on peut situer dans une fourchette de trois à sept ans.
Précisons tout de même que les vidanges de fosses antiques ou mal entretenues doivent être réalisées au plus tôt … La technicienne du SPANC a d’ailleurs proposé de coordonner les premières opérations pour réduire au maximum le coût de cette intervention qui revient dans ce cas de 150 à 400 € environ en fonction de la taille de la fosse.
Voilà déjà une première aide technique mise en œuvre pour régler au plus vite ce premier problème des fosses à vidanger.
Dans le même style d’aide technique qui ne coûte pas cher aux collectivités et facilitent la vie aux propriétaires, il sera certainement possible de fournir à chaque propriétaire qui en ferait la demande, une liste des solutions adaptées à son problème.
Il devrait également être assez facile de l’aider à chiffrer le coût des travaux à réaliser mais aussi de lui proposer une liste d’intervenants agréés qui seraient à même de réaliser les travaux en respectant le budget minimum.
Des aides techniques à la réalisation des travaux : Comme pour les vidanges de fosses, on peut aussi imaginer une planification des interventions auprès d’une ou plusieurs entreprises sélectionnées, pour assurer un coût réduit au minimum en évitant les déplacements inutiles et en jouant sur le facteur d’échelle du marché proposé à ces entreprises.
On peut aussi imaginer un suivi des travaux pour assurer la conformité finale !
Des aides aux financements des opérations les plus lourdes ? L’avantage des aides envisagées plus haut est leur faible coût pour les collectivités. Elles ont donc toutes les chances d’être mises en œuvre.
Le revers de la médaille est pour le propriétaire qui, s’il appréciera certainement ce coup de pouce et l’optimisation des coûts des travaux, se retrouvera tout de même avec une belle facture à régler ! (Disons de 2 000 à 8 000 € selon qu’il s’agit juste d’une réparation ou que l’installation est à reprendre à zéro dans un terrain parfois difficile …)
Certaines collectivités ont ainsi envisagé une aide financière qui se justifie par le fait que les installations en cause, n’ont pas été réalisées en dépit du bon sens, mais étaient bel et bien aux normes de l’époque où elles ont été réalisées !
A prendre en compte également : une installation déficiente qui se voit facturer un ticket d’entrée de 800 € lors d’un raccordement à un réseau collectif pourrait se voir facturer dix fois cette somme pour se remettre aux normes actuelles … Vous avez dit égalité ?
D’où les réflexions de certains élus en France mais aussi en Europe visant à prendre en charge une partie de l’investissement nécessaire.
Je pense que vous voyez venir la réponse d’autres élus … Où va-t-on prendre l’argent ?
La solution la plus souvent envisagée consiste à proposer aux seuls propriétaires volontaires la réalisation des travaux aux frais de la collectivité moyennant le paiement d’une redevance qui pourrait, pour nous, être de 800 € (Egalité oblige !) mais aussi d’une redevance annuelle comme pour l’assainissement collectif.
En effet, l’installation devient, dès lors, propriété de la collectivité qui en assure l’entretien ultérieur.
Pour minimiser le coût pour la collectivité on pourrait envisager une redevance annuelle majorée pendant cinq ans pour faire supporter une part supplémentaire de la charge au propriétaire tout en étalant cette charge dans le temps.
Cette solution pourtant séduisante à certains points de vue fait cependant grincer les dents de nos élus de la Communauté de Commune de la Haute Combe de Savoie qui est en charge du SPANC …
Elle nécessite en effet des moyens et il faut rappeler que ladite communauté de communes n’est financée que pas la Taxe professionnelle sur les entreprises nouvellement implantées dans la zone … soumise aux affres du PPRI (Risque d’inondation & Co !).
Alors les chances de voir cette solution retenue chez nous, sont faibles …Mais si le blocage des ressources de la communauté de communes imputé au PPRI se prolonge ou se confirme, je ne vois pas comment le mode de financement actuel pourra survivre, il faudra bien alors se tourner vers des modes de financement plus performants comme une nouvelle ligne d’imposition sur notre feuille d’impôts locaux !Il ne faut pas oublier non plus qu’un recensement des propriétaires concernés et volontaires (Déduction faite des installations raccordables à court ou moyen terme au réseau collectif) montrerait peut-être que le nombre d’opérations à réaliser n’est pas si important et que ces mêmes opérations pourraient être étalées dans le temps.(Retour au sommet de la page)