Cléry dans l'antiquité

Les origines

Sans remonter trop loin dans la préhistoire, on ne peut omettre un épisode décisif qui a modelé les Alpes telles que nous les connaissons actuellement ... la dernière grande glaciation !

La grande glaciation de Würm, dernière d'une longue série, s'est étalée de - 70 000 ans à - 10 000 ans environ.

Les glaciers alpins s'étendaient alors jusqu'à la vallée du Rhône en empruntant les lits des rivières que nous connaissons.

Le lent mais puissant rabotage des langues glaciaires qui montaient dans la Combe de Savoie jusqu'à environ 1200 m d'altitude, ont créé les larges vallées en U dont nous profitons de nos jours.

Les dépôts morainiques laissés par les glaciers forment souvent les bases des sols sur lesquels nous vivons.
Avec les verrous rocheux sous-jacents, ils définissent la structure géographique de la commune de Cléry .

Les premiers hommes

Difficile à dire à quand remonte le premier peuplement de Cléry ...

Quelques points de repère au niveau européen, où les premières traces du genre Homo remontent à environ 1,5 millions d'années tout de même !
L'Homo Sapiens, notre ancêtre, apparaît en Europe vers - 40 000 ans avant notre ère (Premiers indices africains : - 120 000 ans).

On se doute qu'il a fallu attendre la fin de la dernière glaciation pour que le peuplement de nos massifs puisse reprendre ...

Dès le néolithique c'est-à-dire l'âge de pierre, qui clôt l'épisode de la préhistoire en s'étendant d'environ - 9 000 ans à - 5 000 ans en Europe, l'occupation des vallées des Alpes est probable ...

Les Romains

Les Allobroges furent longtemps des rebelles à l'autorité romaine et la conquête du territoire des Allobroges par les Romains se fit en plusieurs étapes entre -122 et -60 avant J.C.

La romanisation qui s'opère alors, engendre progressivement des transformations.
Les Romains avaient en effet l'habitude d'anéantir méthodiquement tout ce qu'ils jugeaient barbare, c'est-à-dire étranger à la civilisation gréco-romaine.

Cléry, qui se situe non loin de la voie majeure entre Gaule et ltalie passant alors par le col du Petit Saint Bernard, a probablement vu s'établir un grand domaine (villa) vers le premier siècle après J.C.

La preuve de cette création pourrait être fournie par les toponymes en villard (Le Villard, Villard-Mavin) considérés comme consécutifs à l'éclatement ultérieur de la villa.

Le nom de Cléry est lui-même réputé d'origine gallo-romaine (Clarius : le nom du domaine). Par ailleurs les colonnes du portail de l'église romane semblent provenir d'une récuperation dans un édifice antérieur, peut-être la maison du maitre de la villa.

Les Allobroges

Le site de Cléry au flanc des Bauges suggère une implantation Allobroge durant la majeure partie du demi-millénaire avant J.C. (2 500 ans avant notre ère)

Peuple gaulois, les Allobroges étaient des Celtes et parlaient originellement la langue celte dont le patois a gardé quelques mots. C'était un peuple de fiers et rudes guerriers, regroupant de nombreuses tribus, qui devinrent sédentaires et s'adonnèrent à l'agriculture. Le nom Allobroge viendrait des racines allo (autre) et brog (pays), soit le peuple venu d'autres pays. Courageux combattants, ces peuples celtes se seraient installés dans les Alpes du Nord au début du IIIe siècle av. J.-C.. Les Grecs les appelleront "Allobriges".

Divers témoignages décrivent les Allobroges comme un des peuples parmi les plus riches et les plus puissants de la Gaule, avec une population nombreuse. Ils labouraient avec une charrue grossière et cultivaient un froment réputé, mais aussi le seigle et la vigne. Ils pratiquaient l'élevage et fabriquaient du fromage, exploitaient leurs vastes forêts, et extrayaient des minerais. Ils contrôlaient une partie de la vallée du Rhône (Viennois) et se trouvaient au débouché de toutes les voies qui traversaient les Alpes, dont des voies internationales, sur lesquelles ils pratiquaient le péage.

 

LA PERIODE CHRETIENNE

La christianisation n'est intervenue que lentement dans l'espace savoyard, car les Gaulois avaient appris à dissimuler la persistance de leurs usages religieux et autres sous un vernis romain.
Elle ne s'impose franchement qu'au Vème siècle, après la mise en place des diocèses (saint Jacques fonde celui de Tarentaise en 420) et elle se trouve encouragée par l'installation des Burgondes car ceux-ci abandonnent l'arianisme pour le catholicisme dans le premier tiers du VIème siècle.

Puis, après avoir refoulé les Lombards à l'ouest des Alpes, le roi mérovingien de Burgundie, Gontran, petit-fils de Clovis, fait créer l'évèché de Maurienne vers 579.

A Cléry, en l'absence de documents connus et de fouilles, on ne peut qu'émettre des suppositions. De nombreux indices laissent à penser qu'une première église fut érigée en remplacement d'un oratoire, ceci à la fin du VIème siècle après la réception d'une partie des reliques de Saint Jean Baptiste en provenance de Saint Jean de Maurienne.
Selon la tradition en effet, une partie de la main de Saint Jean Baptiste aurait alors été rapportée d'Orient par Sainte Thècle et une parcelle séparée au bénéfice de l'église de Cléry : un reliquaire volé en 2004 en portait mention.

Les Carolingiens ont manifesté un vif intérêt pour les voies alpines et leur sollicitude à l'égard de l'Eglise s'est traduite par la relance de la vie chrétienne et par la restauration des édifices religieux.
Pour Cléry on ne peut qu'évoquer l'éventualité d'une mise en valeur de la paroisse après l'érection de la Tarentaise en archevêché par Charlemagne en 794.

On a la certitude que les envahisseurs sarrasins et hongrois n'ont jamais poussé jusqu'ici après 888.

La situation évolue seulement après l'entrée de la Savoie dans le Saint Empire en 1032 et l'instauration d'un comté héréditaire de Savoie dans lequel Cléry se trouve englobée. Les empereurs (mi Xème-mi XIème) donnent une forte impulsion à la réforme de l'Eglise et les comtes de Savoie prennent le relais en intervenant directement dans la fondation de monastères. En même temps s'opère une mise en sécurité du pays : bien encadrés par le Prince, les seigneurs assurent la paix locale.

L'aménagement du territoire

A ce moment-là les grands défrichements sont lancés.
Beaucoup plus vaste que la commune actuelle, la paroisse de Cléry s'étage alors des abords capricieux de l'lsère (à la hauteur de Frontenex à 316m d'altitude) jusqu'au Chéran en Bauges.

Des prés inondables et des basses pentes vouées aux cultures jusqu'aux forêts et alpages, l'espace est largement exploité et l'espace habité de façon permanente se situe dans la tranche allant de 360 m, à l'abri des inondations, jusqu'à plus de 700m.

Cléry connait une période de plein essor comme cela se traduit encore dans la toponymie. La Plantaz, dans une zone protégée en dessous de l'église et au-dessus des froids brouillards hivernaux, évoque une plantation de vigne.

A la cote 700, côté sud, le Chatelard parait correspondre à une motte féodale à la fois par la topographie et par les toponymes du Xlème siècle : Les esserts qui désignent les défrichernents, les Lanches (zone de terrain glissant) de la dame qui évoquent peut-être la dernière héritière.
A la même altitude se situe le hameau de Clermont, nom fréquemment donné aux nouveaux villages des XIème-Xllème siècles.
Les nombreux nants (ruisseaux) sur fortes pentes autorisaient aussi le fonctionnement constant de moulins et de reysses (scieries hydrauliques).

La famine disparait et la population s'accroit.

La réorganisation diocésaine

L'essor démographique s'accélère brusquement après 1040, nécessitant la construction d'une église capable d'accueillir des fidèles plus nombreux.
Cléry doit sans doute beaucoup à l'archevêque Pierre Ier de Tarentaise.

Dans les années 1130 le prélat amorce la réforme et entreprend la réorganisation de son diocèse dans un souci de vie spirituelle. Il pousse à l'installation de moines cisterciens, essentiellement tournés vers la prière, dans une nouvelle abbaye au-dessus du col de Tamié.
C'est probablement lui aussi qui confie aux chanoines réguliers de saint Augustin, tournés avant tout vers l'action éducative auprès des laïcs, la tâche d'établir des prieurés.

La création du prieuré SaintJean Baptiste de Cléry a donc dû se situer à cette époque et le premier prieur pourrait être Utbold de Cléry, personnage suffisamment important pour être cité comme témoin dans la charte de création de l'abbaye de Tamié en 1132.


LES MUTATIONS DU XIIIème SIECLE ET LEURS PROLONGEMENTS


Le départ des chanoines

De grands changements interviennent dans la seconde moitié du XIIIème siècle. Vers 1263 l'archevêque décide le transfert des chanoines à Moûtiers, chef-lieu de son diocèse, pour les remplacer probablement par un ou deux de ses chapelains.
Habituel en pareil cas, le prétexte invoqué est celui de la baisse de qualité des chanoines, mais les vraies raisons sont ailleurs à n'en pas douter.

Les prieurés des chanoines disposaient en effet de ressources insuffisantes par rapport à leurs missions. Surtout l'archevêque manifeste une politique plus autoritaire.

Le secteur de l'actuelle Albertville représentait une zone de friction entre archevêque et comte de Savoie, notamment le secteur de Cléry où tous deux tenaient des droits. Se considérant comme menacé par la progression comtale et désireux d'asseoir son autorité temporelle, le prélat fait bâtir en basse Tarentaise le château de la Bâthie autour duquel il réorganise une châtellenie.

Il rattache Cléry à cette nouvelle châtellenie archiépiscopale pour les hommes et les biens dépendant de lui.

La fortification archiépiscopale

C'est également le temps de la création d'une enceinte fortifiée, en bonne partie en pierre, et aussi de la construction d'une maison forte face à l'église, même si la première mention écrite connue dans les comptes des trésoriers généraux ne date que de 1334.

Ces travaux obéissaient à une double nécessité : toujours affirmer une présence à l'extrémité occidentale du diocèse mais aussi contribuer à faire face à une éventuelle menace ennemie. En 1234 le comte de Genève avait en effet déclenché contre la Savoie un conflit qui allait être séculaire. Puis la tension,
créée vers 1268 par la succession du Faucigny entre Savoie et Dauphine, déboucha en 1282 sur la guerre de Septante ans entre les deux principautés et sur une alliance officielle entre comte de Geneve et dauphin de Viennois.

L'apogée Pour clery, la dernière phase notable du Moyen Age, est une phase d'embellissements qui semblent devoir être attribués à l'archevêque Edouard de Savoie (1385-1395).

 

DESASTRES ET RESTAURATIONS

La ruine

Le déclin qui suit durant un large XVIème siècle tient d'abord à la défaillance des archevêques depuis le milieu du XVème siècle et le prieuré se trouve désormais réduit à une simple église paroissiale. Puis les ravages francais dûs au « bon roi » Henri IV lors de l'invasion de la Savoie en 1600 provoquent des destructions considérables L'appauvrissement du pays est alors dramatique, ce qui explique la lenteur du redressement.

Les mesures d'urgence

La restauration va s'échelonner sur la période XVIIème-1ère moitie du XVIIIème.

Pillage et saccages

Tout se trouve remis en question par les saccages des troupes révolutionnaires françaises qui entrent en Savoie en septembre 1792.

On ignore si le Premier Empire a apporté des mesures d'amélioration, du moins la frénésie antichrétienne était-elle retombée.

Une considérable restauration

Avec le retour de l'autorité de la Maison de Savoie en 1815, s'ouvre une phase importante de restauration avec un vif essor démographique.

Après le plébiscite de 1860 par lequel la Savoie devient francaise, le complément est apporté par le Second Empire avec toute une phase d'embellissements.

 

LES CONTRASTES DU XXème SIECLE

Pour la commune comme pour l'église le XXème siècle se révèle le temps des grands contrastes. Cléry connaît le déclin démographique commun à beaucoup de petites communes rurales.

Il faut attendre les dernières années du siècle pour voir s'inverser radicalement le mouvement. La tendance est maintenant à la rénovation de maisons anciennes et surtout à la construction de maisons nouvelles.

Une démographie
rurale typique

Le pays s'est surtout peuplé dans la période allant approximativement
de 1040 à 1340, celle de l'aménaqement intégral des terroirs, atteignant 500 âmes d'après le premier compte de subside ou imposition de 1331.

Puis vient le temps des grandes épidémies de peste. Celle de 1348 est réputée avoir fait baisser les chiffres de population au moins d'un tiers, si ce n'est de la moitié.

Un retour de peste se produit en 1361, un peu atténué. puis encore dans les annees 1371-1375.

La progression démographique reprend au cours du XVème siècle
et, malgre les à coups ultérieurs du XVIIème siècle dûs à l'impact des invasions et a des maladies épidémiques.

L'optimum démographique est atteint vers 1840, dans l'ultime période relevant de la Maison de Savoie. Lors de la visite pastorale de Mgr Billiet en mai 1852, on dénombre 1069 habitants.

Un recul effrayant s'est produit de la fin du XIXème siècle jusque vers 1990 qui tient à de multiples raisons.

D'abord les travaux de régularisation
du cours de l'Isère. Entrepris par les intendants de la Maison de Savoie pour neutraliser les inondations et permettre la mise en culture du fond de vallée, ont eu pour conséquence le glissement de la population des flancs de montagne vers le bas.

En 1865, atteignant à lui seul 400 habitants, le village de Frontenex obtint son érection en paroisse. d'ou une rude amputation pour Cléry.

Puis, la terrible saignée de la guerre de 1914-1918 (27 noms sont inscrits sur le monument aux morts), l'exode vers les usines, les administrations ou les entreprises nationalisées ont fait tomber e nombre d'habitants à moins de 200.

Beaucoup de granges et de maisons ont été définitivement abandonnées. la forêt, aussi bien la forêt communale que celle appartenant à des particuliers, négligée, les alpages presque désertés.


Favorisée par une politique municipale volontariste et surtout par le récent exode urbain, la tendance démographique s'est radicalement lnversée depuis les dernières années du XXème siècle.

Cléry est sur la voie de retrouver assez vite son chiffre de 1331, les maisons neuves respectant le traditionnel groupement en villages et les espaces naturels et agricoles.

L'histoire récente de Cléry

De l'après-guerre à 1977

Des années 50 aux années 70 on retrouve de nombreuses caractéristiques communes.

Dans les "30 glorieuses", le travail ne manque pas, mais, à Cléry, il faut souvent aller le chercher dans les aciéries d'Ugine, à une quarantaine de kilomètres d'ici avec les trois-huit en prime.

En effet, chaque famille clarollaine de l'époque travaille la terre mais les surfaces réduites n'offrent pratiquement aucune chance d'en vivre.

Selon les semaines, c'est donc, si l'on est "du matin", debout à 4h pour prendre le car des ouvriers, retour vers 15h pour terminer la journée dans les champs ou, si l'on est "d'après-midi" travailler sa terre le matin pour finir la journée à l'usine de 13h à 23h, ou, enfin, quand on est "de nuit", une matinée de travail à la ferme, un après-midi de demi-sommeil avant de partir travailler à l'usine vers 20h pour un retour vers 6h du matin ...

Pour la commune, il y a bien sûr l'entretien courant des infrastructures (Réseau d'eau déjà tentaculaire, réseau routier très étendu ...) mais il reste encore quelques routes à ouvrir (La Noyelle en 1956, La Touvière en 1961) pour arriver au réseau que nous connaissons !

Les hivers longs et rudes de l'époque, avec souvent 80 cm de neige qui tient de novembre à mars, imposent de gros efforts de déneigement :
Le traîneau est d'abord tiré par des chevaux en laissant une bonne couche de neige tassée très appréciée des enfants avec leurs luges ... un peu moins des automobilistes heureusement plus rares qu'aujourd'hui.
Le même traîneau tiré, plus tard, par un Dodge rescapé de la dernière guerre ...

Les ressources financières de la commune sont maigres et gérer la commune dans ces conditions n'est pas une sinécure.

Le découragement guette souvent les élus qui pourtant ne baissent pas les bras.

Les années 1980 à 1995

Les élections municipales de 1977 voient l'accession aux commandes d'une équipe profondément rajeunie, avec un nouveau maire de 27 ans aux dents longues ... (Ok, il a maintenant les cheveux blancs mais il tient toujours fermement la barre !)

De nombreuses tâches les attendent ... avec, entre autres, un réseau d'eau à bout de souffle dans beaucoup de secteurs et les travaux correspondants dont les coûts s'envolent, avec la réfection de sections de routes en enrobé hors de prix également, avec les réparations de l'église qui, malgré les subventions, coûtent une fortune !

Par ailleurs, les temps changent et les méthodes aussi ...
Dans les premières années du mandat, les membres de la nouvelle équipe sont souvent amenés à réaliser des travaux pour la commune afin d'éviter le recours coûteux à des entreprises.
Mais il faudra finalement passer par l'embauche d'un employé communal puis du matériel qui permet de rendre son travail efficace (Engin de déneigement et de transport de matériaux, Tractopelle ...).

Les investissement sont lourds et les coûts de fonctionnement à l'ancan.

Heureusement, le maire sait faire rentrer les subventions !
Malgré tout, les emprunts sont nécessaires vu l'absence de ressources de la commune, et pèsent lourd dans le budget communal.

Pendant ce temps, il est décidé de conserver à Cléry son caractère rural et de ne pas céder aux sirènes du "Construire à tout va ..." souvent observé à cette époque !

Les zones constructibles limitées aux hameaux existants à de rares exceptions près, ne permettent que quelques apports de familles nouvelles.

Mais, petit à petit, il faut se rendre à l'évidence que cette politique a des conséquences handicapantes :
Les subventions de plus en plus difficiles à obtenir, à des taux toujours plus bas, conjuguées à des impôts qui ne rapportent pas suffisamment vu la stagnation du nombre de contribuables et l'envolée persistante des coûts des travaux ...

Enfin, un signal d'alarme encore plus sérieux, l'école devra peut-être fermer faute d'un nombre suffisant d'enfants à Cléry !

Les quelques 200 habitants de Cléry ne suffisaient plus à sa survie ...

Des années 95 à nos jours

Pour faire face aux défis contradictoires qu'elle affronte, l'équipe municipale en place se doit de réagir.

Une relance ciblée de la construction s'opère ...
Ciblée autour des hameaux existants, ciblée vers des familles avec de jeunes enfants !

Le visage de Cléry en est quelque peu changé, mais ce changement n'affecte réellement que quelques hameaux (Le chef-lieu, La Plantaz, Villard-Mavin) et la surface concernée représente toujours un très faible pourcentage de la zone habitable de la commune (Voir la structure géographique dans une autre section de ce site ...)

Le rajeunissement de la population, lui est bien effectif avec ses quelques 400 habitants et ... il faut même ouvrir une nouvelle salle de classe à l'école, pendant que les plus jeunes doivent effectuer leur pré-scolarité dans une commune voisine !

Parallèlement, le travail de longue haleine du maire aboutit à la création d'un syndicat intégral chargé de gérer la fourniture d'eau potable de plusieurs communes.

"La belle affaire ..." rétorqueront certains, "un syndicat intercommunal de plus !"

Pour le budget de la commune c'est un allégement considérable puisque le nouveau syndicat prend en charge les nouveaux investissements mais aussi les financements en cours des anciens travaux ...

Pour le contribuable, pas de conséquence directe car le budget du syndicat intégral est alimenté par les seules ventes d'eau ainsi que par les subventions encore généreuses envers un syndicat alors qu'elles étaient devenues inexistantes pour les communes !

Dans le même registre, Cléry fait maintenant partie d'une communauté de communes dont l'objectif est similaire, mais appliqué à d'autres compétences (Tourisme, gestion des déchets ...)

Les retombées pour Cléry sont moins importantes mais cela peut être amené à évoluer.

Voilà où en est la commune de Cléry ...

Vous retrouverez plus de détails sur la gestion communale actuelle dans une partie dédiée de ce  site.

 

Le patrimoine de la commune de Cléry

Le four banal

...

La mairie-école

...

La salle communale

...

Le bâtiment technique

...

 

L'église romane de Cléry

De l'oratoire à l'église baptismale

De nombreux indices laissent à penser qu'une première église fut érigée en remplacement d'un oratoire, ceci a la fin du VIème siècle après la réception d'une partie des reliques de saint Jean Baptiste en provenance de SaintJean de Maurienne.

Selon la tradition en effet, une partie de la main de saint Jean Baptiste aurait alors été rapportée d'Orient par sainte Thècle et une parcelle séparée au bénéfice de l'église de Cléry : un reliquaire vole en 2004 en portait mention.

De bois ou de pierre, peut-être de plan rectangulaire avec un baptistère en prolongement, on ne peut dire ce qu'était cette construction, mais il s'agissait très vraisemblablement d'une église baptismale.

Par délégation de l'évêque, des cures avaient alors obtenu le droit de baptiser par immersion, surtout quand la paroisse était très éloignée de la cathédrale diocésaine, ce qui était le cas de Cléry
située sur les confins du diocèse de Tarentaise.

Il n'est pas exclu que la construction ultérieure ait tout effacé
en raison de la présence du rocher à faible profondeur.

LES GRANDES HEURES DU PRIEURE ROMAN

L'essor démographique ...

... s'accélère brusquement après 1040, nécessitant la construction d'une église capable d'accueillir des fidèles plus nombreux.

Cléry doit sans doute beaucoup à l'archevêque Pierre Ier de Tarentaise et à la réforme de l’église, lancée par l’ordre de Cluny, pousse les prélats aux initiatives.

Le prélat finit par faire appel, dans la première moitié du XIIème siècle à la fois aux moines (les cisterciens à Tamié par exemple) et aux chanoines réguliers de Saint Augustin.

Les chanoines réguliers de Saint Augustin

Ceux-ci organisent de nombreux prieurés pour donner une haute valeur spirituelle aux cérémonies et pour assurer un enseignement de qualité (équivalent au secondaire et à la base du supérieur de nos jours)

La création du prieuré SaintJean Baptiste de Cléry a donc dû se situer à cette époque et le premier prieur pourrait être Utbold de Cléry, personnage suffisamment important pour être cité comme témoin dans la charte de création de l'abbaye de Tamié en 1132.

La création de ce prieuré s'explique également par la position géographique de Clery, en zone de confins et de rivalites territoriales et politiques.

L'archevêque de Tarentaise tient a marquer son autorité à l'extremité de son diocèse, sur une zone longtemps disputée avec l'évêque de Grenoble.

Le comte de Savoie Amédée III (1103-1148) entend surveiller le proche col de Tamie d'où pourrait surgir une menace de son voisin, le comte de Genève, Aussi a-t-il dû donner son accord. Mais si elle fut mise par écrit, la preuve a fini en fumée dans les nombreuses destructions d'archives à Moutiers en 1793.

La construction des chanoines

Bien que la date exacte nous échappe, on suppose que la construction d'une nouvelle église, d'un cloitre, sinon de dépendances, fut l'affaire des années 1130 -1140 soit en plein deuxième âge roman savoyard.

On éleva un clocher aiguille qui devait assez ressembler à celui de l'église romane de l'abbaye de Tamié et l'église elle-même, longue de 25 m, était concue pour accueillir environ 400 fidèles suivant les offices debout selon l'usage d'alors. La modestie du choeur par rapport à la nef suggère bien que la priorité est donnée à l'accueil de ces fidèles.

 

 

LES PRIEURES
ET LES CHANOINES REGULIERS
DE SAINT AUGUSTIN

Un prieuré peut être considéré comme un petit monastére où vit une comrnunaute de clercs obéissant à une règle. Au Moyen Age l'effectif variait de 6 à 12.

Sous l'influence de l'idée de réforme originellement lancée par l'abbaye de Cluny et reprise par la papauté depuis 1059, nombre de prieurés ont été fondés en Savoie aux XIème etXIIème siécles.

il s'agissait d'émanciper l'Eglise de la pression des laïcs et surtout d'améliorer la spiritualité à la fois des clercs et des fidèles.

Pour établir ces prieurés, l'archevêque de Tarentaise, le plus important des prélats savoyards, a fait appel non à des moines mais à une nouvelle famille religieuse, les chanoines réguliers de saint Augustin.

Il s'agissait de prêtres vivant en communauté sous l'autorité directe d'un évêque et obeissant, non à la règle de Saint Benoit, mais aux injonctions de Saint Augustin, l'homme d'Eglise le plus lu au Moyen Age.

Ils avaient pour objectif la célébration solennelle du culte divin, et mission très marquée chez eux, ils donnaient une grande place à l'enseignement, en assurant une instruction d'un niveau bien supérieur à celui des écoles paroissiales.

Ceci sans négliger pour autant la règle faite à tout monastère de secourir les « pauvres et les affligés », donc l'obligation d'assistance.

Les chanoines réguliers de saint Augustin apparaissent ainsi comme d'excellents artisans de la réforrne, ils ont créé une bonne demi-douzaine de prieurés dans le diocèse en prenant soin de les espacer (Marthod, Gilly, Cléry) et, en les fortifiant, ils ont contribué à la surveillance et à la sécurite du pays.

Le prieuré offrait aux chanoines le moyen de remplir leur mission spirituelle et scolaire qui s'étendait aussi aux paroisses voisines, Tournon, Verrens, Plancherine, Gemilly.

Il est possible qu'une fortification ait déjà existé sous la forme d'une forte palissade de bois.

La seconde moitié du XIIème siècle voit l'essor du prieuré.
Bientôt une chapelle Saint Jacques de Tarentaise est ajoutée côté nord en pseudo absidiole, en mémoire du fondateur du diocèse.

L'archevêque Pierre II de Tarentaise (1142-1174), canonisé plus tard sous le nom de Saint Pierre de Tarentaise, se montre très favorable aux chanoines réguliers et il tient à souligner dans son testament de 1170 que Cléry relève directement de l'archevêque de Tarentaise et non du chapitre cathédral.

C'est alors que l'église reçoit un superbe maître autel roman en marbre gris vert : la coiffure de la donatrice suggère en effet une datation qui ne peut être antérieure à la fin du XIIème siècle.

Le départ des chanoines

De grands changements interviennent dans la seconde moitié du XIIIème siècle. Vers 1263 l'archevêque décide le transfert des chanoines à Moûtiers, chef-lieu de son diocèse, pour les remplacer probablement par un ou deux de ses chapelains.
Habituel en pareil cas, le prétexte invoqué est celui de la baisse de qualité des chanoines, mais les vraies raisons sont ailleurs à n'en pas douter.

Les prieurés des chanoines disposaient en effet de ressources insuffisantes par rapport à leurs missions. Surtout l'archevêque manifeste une politique plus autoritaire.

Le secteur de l'actuelle Albertville représentait une zone de friction entre archevêque et comte de Savoie, notamment le secteur de Cléry où tous deux tenaient des droits. Se considérant comme menacé par la progression comtale et désireux d'asseoir son autorité temporelle, le prélat fait bâtir en basse Tarentaise le château de la Bâthie autour duquel il réorganise une châtellenie.

Il rattache Cléry à cette nouvelle châtellenie archiépiscopale pour les hommes et les biens dépendant de lui.

La fortification archiépiscopale

C'est également le temps de la création d'une enceinte fortifiée, en bonne partie en pierre, et aussi de la construction d'une maison forte face à l'église, même si la première mention écrite connue dans les comptes des trésoriers généraux ne date que de 1334.

Ces travaux obéissaient à une double nécessité : toujours affirmer une présence à l'extrémité occidentale du diocèse mais aussi contribuer à faire face à une éventuelle menace ennemie. En 1234 le comte de Genève avait en effet déclenché contre la Savoie un conflit qui allait être séculaire. Puis la tension,
créée vers 1268 par la succession du Faucigny entre Savoie et Dauphine, déboucha en 1282 sur la guerre de Septante ans entre les deux principautés et sur une alliance officielle entre comte de Geneve et dauphin de Viennois.

L'apogée Pour cléry, la dernière phase notable du Moyen Age, est une phase d'embellissements qui semblent devoir être attribués à l'archevêque Edouard de Savoie (1385-1395). On attribue à ce prélat la construction de la chapelle Notre-Dame disposée en pseudo-bras de transept sud, le réamenagement d'une nouvelle porte du cloître côte nord et la décoration des bâtiments du cloitre et de la maison forte.

Des traces de décor sculpté ont été retrouvées dans des édifices plus récents jusqu'à un rayon d'environ 4km autour de l'église. Si le reste de l'action archiépiscopale nous échappe, on peut supposer une notable relance matérielle et spirituelle du pays après le temps des grandes pestes essentiellement de 1349 à 1375, favorisée ici par la présence fréquente d'Edouard de Savoie. Un chapiteau du cloître rappelle son souvenir en le nommant dans la langue du pays, le franco-provencal, une originalité extrèmement insolite qui provient sans doute de ses bienfaits. Sans doute est-ce pour Cléry le temps de son apogée au Moyen Age. C'est ensuite, dans la première moitié duXVème siecle, l'apogée de la Savoie médiévale tout entiere, illustré par l'érection de la principaute en duché en 1416.

DÉSASTRES ET RESTAURATION

CATASTROPHE ET LENTE RESTAURATION (XVIIe - 1ERE MOITIÉ DU XVIIIe)

La ruine

Le déclin qui suit durant un large XVIe siècle tient d'abord à la défaillance des archevêques depuis le milieu du XVe siècle et le prieuré se trouve désormais réduit à une simple église paroissiale.

Puis les ravages français dus au « bon roi » Henri IV lors de l'invasion de la Savoie en 1600 provoquent des destructions considérables : le cloître est anéanti ainsi que ses dépendances, la maison forte en grande partie démolie, l'église pillée et saccagée.

Ainsi ne subsistent que le gros œuvre de l'église et quelques pans de mur de la maison forte. Les habitants récupèrent des matériaux jusqu'au rocher même et une partie finit dans les raffours (fours à chaux). L'appauvrissement du pays est alors dramatique, ce qui explique la lenteur du redressement.

Les mesures d'urgence

La restauration va s'échelonner sur la période XVIIème- lère moitié du XVIIIème. On pare d'abord au plus pressé. Comme il n'est plus possible de continuer les inhumations dans le cloître anéanti, un nouveau cimetière est établi autour de l'église en montant un grand mur avec les matériaux de démolition et en bourrant de terre tout l'espace.

Le voûtement de la nef de l'église est refait ainsi peut-être que le clocher, et un presbytère -école est élevé à partir des ruines de l'ancienne maison forte. Puis une relative prospérité lentement retrouvée permet d'autres projets dans l'ambiance du temps.

Le temps du baroque

La réforme catholique, lancée en Savoie par saint François de Sales, et la vogue de l'art baroque dans l'ensemble de l'arc alpin incitent alors aux innovations. En 1749, pour établir la continuité avec un nouveau et imposant retable baroque, le maître autel roman, jusque là placé au milieu du choeur, est reculé au fond de l'abside.

Il est écrit dans les archives paroissiales qu'«il a été transporté tout d'une pièce par l'adresse et invention d'un nommé Joseph Champlaine de Samoëns très habile maître ». Les maçons de Samoëns étaient en effet réputés les plus habiles de toute la Savoie.

Il a fallu aussi abaisser le sol du chœur de deux pieds, soit environ 60 cm, et murer la verrière centrale au risque d'assombrir le sanctuaire. Une nouvelle décoration remplace les probables peintures murales du Moyen Âge : selon certains, le plus intéressant des tableaux, celui représentant l'agonie du Christ au mont des Oliviers, pourrait être une copie d'une œuvre de Charles Le Brun, le célèbre peintre attaché au roi Louis XIV.

On peut songer aussi au rétablissement des vitraux et à d'autres œuvres parmi ce qui n'est pas encore daté dans l'église. Pour toutes ces réalisations les habitants du pays avaient consenti de grands sacrifices financiers.


NOUVELLE CATASTROPHE ET LENTE RESTAURATION (FIN XVIIIe -1870)

Pillage et saccages

Tout se trouve remis en question par les saccages des troupes révolutionnaires françaises qui entrent en Savoie en septembre 1792.

Dès 1793 le grand clocher- aiguille de l'église de Cléry est abattu, les vitraux sont détruits ainsi sans doute que les sculptures du tympan. Le mobilier, les vases sacrés, les chasubles et les bannières de confréries disparaissent, à l'exception de ce que les paroissiens ont réussi à cacher.

C'est donc dans des conditions extrêmement précaires et sur des lieux à l'abandon que le culte catholique est rétabli et que l'enseignement peut reprendre lorsque l'église profanée est « réconciliée » en 1796. On ignore si le Premier Empire a apporté des mesures d'amélioration, du moins la frénésie antichrétienne était-elle retombée.

Une considérable restauration

Avec le retour de l'autorité de la Maison de Savoie en 1815, s'ouvre une phase importante de restauration et de construction d'églises, le plus souvent en style néo-classique.

Dès 1819 un nouveau clocher à clocheton de type XVIIIe siècle est établi, précédant une remise en état générale du bâtiment et un rétablissement du mobilier.

Des travaux notables sont aussi entrepris dans le presbytère-école, d'autant plus que le vif essor démographique exige la présence de vicaires autour du curé.

Après le plébiscite de 1860 par lequel la Savoie devient française, le complément est apporté par le Second Empire avec toute une phase d'embellissements.

A partir de 1864 le curé fait installer de très belles statues et il fait aussi placer les vitraux actuels réalisés grâce à la générosité des habitants. Le vitrail placé au-dessus de la grande porte d'entrée est un « don des enfants de Cléry résidant à Paris ».

Ce fut une ère remarquable pour la paroisse avec l'organisation de nombreuses processions attestées par une croix tréflée de saint Maurice et par une croix aux fleurs de lys, emblème savoyard de Notre-Dame jadis porté par la confrérie du Rosaire. Une série de missions permit la plantation de nombreuses croix le long des routes selon un usage qui survécut plusieurs décennies.


LES CONTRASTES DU XXe SIÈCLE

Pour la commune comme pour l'église le XXe siècle se révèle le temps des grands contrastes. Cléry connaît le déclin démographique commun à beaucoup de petites communes rurales. Il faut attendre les dernières années du siècle pour voir s'inverser radicalement le mouvement. La tendance est maintenant à la rénovation de maisons anciennes et surtout à la construction de maisons nouvelles.

Encore un déclin

La situation de l'église a évolué de même. Après la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905 et des restaurations notables réalisées dans les années 1930-37, le dernier curé résident a quitté la commune en 1939 et la négligence ecclésiastique fut désormais de règle.

L'absence totale d'entretien du presbytère qui servit encore quelques décennies pour les salles de catéchisme aboutit à un tel délabrement que le diocèse vendit le bâtiment à un particulier.

Bien que classée monument historique depuis 1930, l'église ne fut pas épargnée avec entre autres une véritable voie d'eau dans la chapelle Notre Dame, des vols dans une construction laissée ouverte, l'invasion des ronces dans le cimetière abandonné pour un nouveau site avant la seconde guerre mondiale. Vers 1985 l'état des lieux était devenu pitoyable.

Encore un redressement

Comme pour la commune, le redressement est récent. L'église est en voie de restauration complète. Le bâtiment lui-même a été restauré dans les années 1986-90 à l'exception du clocher qui a dû attendre 2005.

En effet, consciente des responsabilités liées aux nouvelles lois de décentralisation et très attachée à un monument emblématique, la municipalité a su entreprendre les démarches indispensables à la restauration et accepté de consentir un lourd effort financier.

L'effort se poursuit désormais au gré des moyens rassemblés. Par ailleurs l'église a été enrichie du don d'un très original et remarquable orgue en bois, grâce à la générosité de quelques amis suisses de Bienne et de la Chaux de Fonds. L'instrument a été mis en service dans l'été 2005.

Au nord de l'église une grande surface herbeuse a été aménagée à l'emplacement du cloître roman dont il ne subsiste rien. Le plan en est inconnu, on ne peut que l'imaginer comme un espace carré de 20 à 22 mètres de côté, flanqué à l'opposé de l'église d'une maison des chanoines.

Les indices de l'ancien presbytère

Face à l'église et avec la même impression de massivité en usage jadis dans le monde alpin, l'ancien presbytère devenu maison particulière a lui aussi été restauré dans le dernier quart du XXe siècle.

Il se présente comme un quadrilatère d'environ 17 mètres de côté, avec un toit des Bauges en ardoises de Cevins à quatre pans légèrement relevés. Encastrée dans l'édifice du XVIIe siècle, on peut encore reconnaître la tour de l'ancienne maison forte de l'archevêque de Tarentaise ou du moins sa cave-magasin car l'étagement médiéval a presque disparu.

Compte tenu des usages du temps, cette tour a pu atteindre une hauteur de l'ordre de 15 m comme la partie en pierre du clocher, pour une section 6,60 m de côté et une épaisseur modeste de 0,80 m.


Comme beaucoup de communes savoyardes, Cléry est un pays de semi-bocage où le chef-lieu est loin de grouper l'essentiel de la population, répartie dans une série de « villages » ou gros hameaux.

La forte pente au-dessous de l'église et de récentes acquisitions foncières ont permis de garantir les différents axes de vue. La beauté du site a pu être conservée et Cléry fait maintenant partie du Parc naturel régional des Bauges.